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La gangrène, qui se traduit par une mort de certains tissus composant notre organisme dans une région donnée, est un phénomène redoutable. Ses origines et ses manifestations sont très diverses.

Découvrons-les en détail.

Définition de la gangrène

La gangrène correspond à un processus de destruction de certains tissus (nécrose), causé par un manque d'oxygénation. Elle touche le plus souvent les membres, en particulier les extrémités (doigts, orteils), mais peut également apparaître au niveau d'un organe, comme l'intestin, le foie, le poumon...

La gangrène se manifeste par plusieurs signes :

  • une insensibilité de la région concernée ;
  • la peau est froide, prend une teinte violacée, puis noire ;
  • une altération de l'état général, accompagnée de fièvre et de fatigue.

Différents types de gangrène

On distingue différents types de gangrène, d'origine infectieuse ou non.

Gangrène sèche

Elle apparaît lorsque le sang circule difficilement dans un ou plusieurs vaisseaux sanguins, ce qui peut se produire en raison :

  • d'une artérite : rétrécissement des artères causé le plus souvent par un excès de cholestérol dans le sang qui conduit à la formation de plaques d'athérome ;
  • de la présence d'un caillot de sang, à l'origine d'une thrombose ou d'une embolie ;
  • d'un traumatisme , comme l'écrasement d'un membre lors d'un accident de la route ;
  • d'une exposition prolongée à un froid intense.

Elle conduit au dessèchement des tissus touchés et peut entraîner l'auto-amputation d'un orteil par exemple.

Gangrène humide

Contrairement à la précédente, la gangrène humide est associée à la présence d'une infection. Les microbes prolifèrent suite à une plaie, à une brûlure ou une intervention chirurgicale. La zone gonfle et un pus à l'odeur nauséabonde suinte de la lésion.

Un cas particulier de ce type de gangrène est la gangrène gazeuse, provoquée par des bactéries du genre Clostridium, le plus souvent C. perfringens, qui produisent des toxines très agressives envers les tissus. Pathologie rare de nos jours, elle reste très dangereuse et engage le pronostic vital du patient.

Formes particulières de gangrènes

La gangrène prend parfois des aspects très particuliers :

  • le noma est un type de gangrène touchant le visage, sévissant dans les pays pauvres et touchant principalement des enfants souffrant de malnutrition et vivant dans de mauvaises conditions d'hygiène ;
  • la gangrène de Fournier, qui concerne plus souvent les hommes que les femmes, est une affection rare qui s'attaque au périnée et aux organes génitaux ;
  • la gangrène de Lasègue touche quant à elle les poumons.

Traitements de la gangrène

Le traitement d'une gangrène peut associer différentes pistes :

  • Un traitement médicamenteux à base d'antibiotiques pour lutter contre les germes infectieux.
  • Une revascularisation de la zone concernée pour éviter que la nécrose ne se propage aux régions avoisinantes. Elle peut s'envisager par différents biais :
    • Une angioplastie, technique consistant à introduire un ballonnet dans l'artère à l'endroit où elle est rétrécie, afin d'agrandir son diamètre et de rétablir un bon flux sanguin. Elle peut être couplée à la pose d'un stent, structure grillagée destinée à maintenir l'ouverture.
    • Un pontage, destiné à court-circuiter la zone de l'artère endommagée.
    • Une endartériectomie, qui consiste à retirer par voie chirurgicale une plaque d'athérome ainsi qu'une petite partie de la région interne de l'artère.
  • L'ensemble des tissus nécrosés doivent être soigneusement retirés par voie chirurgicale ; des greffes de peau sont alors souvent nécessaires. Lorsque les dommages sont très étendus, l'amputation du membre touché est parfois indispensable. Dans ce cas, une prothèse sera mise en place.
  • L'oxygénothérapie hyperbare est une piste thérapeutique parfois envisagée en cas de gangrène gazeuse. Elle consiste à placer le patient dans un caisson où est insuflé de l'oxygène sous pression. L'objectif est de stopper la production des toxines bactériennes et d'empêcher le développement des microbes qui croissent en milieu anaérobie (dépourvu d'oxygène). En général, 3 séances sont pratiquées au cours de la première journée de traitement, puis 2 par jour pendant 4 à 5 jours.

Pour aller plus loin :