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Le syndrome néphrotique est une maladie complexe. Elle se traduit par un dysfonctionnement des reins, qui perdent leur capacité de filtration.

Les reins fonctionnent tels des passoires qui en temps normal laissent échapper certains éléments de petite taille (toxines, déchets), mais en en conservant d'autres, nécessaires au bon fonctionnement de notre corps.

Le syndrome néphrotique se traduit par l'augmentation de la taille de ces éléments de filtration qui deviennent anormalement perméables. Ce syndrome peut toucher l'adulte et l'enfant et avoir des causes variées.

Faisons le point ensemble.

Syndrome néphrotique : fuite de protéines dans les urines

Un syndrome est un ensemble de symptômes et de signes retrouvés lors de l'auscultation ou des analyses de laboratoire. Dans le cas du syndrome néphrotique, il s'agit d'une défaillance rénale qui se traduit par :

  • L'apparition d'un taux de protéines dans les urines (protéinurie) anormalement élevé (> 3 grammes par litre).
  • Une diminution de la quantité d'une certaine protéine, l'albumine, dans le sang. Car cette protéine est anormalement perdue dans les urines.

La présence de ces deux arguments suffit à donner le diagnostic de syndrome néphrotique mais n'a pas de lien avec la cause. Le traitement spécifique du syndrome néphrotique dépendra, lui, de la cause exacte de la pathologie.

Pour plus de précisions, on dit d'un syndrome néphrotique qu'il est « pur » ou « impur ». Un syndrome néphrotique « impur » associe aux deux critères précédents, un ou plusieurs des critères suivants :

  • La présence de sang dans les urines (hématurie).
  • La présence d'une hypertension artérielle.
  • La présence d'une insuffisance rénale.

Si aucun de ces trois signes n'est associé au syndrome néphrotique, ce dernier est dit « pur ». Ces critères peuvent également apparaître dans un second temps, dans l'évolution d'un syndrome néphrotique initialement « pur ».

Complications du syndrome néphrotique

En raison de cette perte de protéines dans les urines, apparaissent des symptômes handicapants et parfois des complications graves :

  • Des œdèmes, notamment des jambes : la peau devient plus épaisse, tendue et s'infiltre d'eau. Ce gonflement peut gêner la marche et être douloureux. Ces œdèmes sont liés à une baisse du taux de protéines dans le sang, en lien avec la perte anormale via les urines. L'eau alors normalement contenue dans les vaisseaux s'en échappe et se loge dans les tissus sous cutanés.
  • Une augmentation du risque d'infection : parmi les protéines perdues dans les urines, se trouvent des protéines ayant un rôle dans la lutte contre les infections (virales, bactériennes ou parasitaires). Le système immunitaire est alors moins performant.
  • Une augmentation du risque de caillots sanguins, pouvant conduire à la phlébite ou à l'embolie pulmonaire. Certaines des protéines entraînées dans les urines ont un rôle de fluidification du sang. Lors de leur perte, le risque de souffrir d'une phlébite ou d'embolie pulmonaire (un caillot obstruant une veine des jambes ou des poumons) est plus élevé.

Quelles causes liées au syndrome néphrotique ?

Syndrome néphrotique idiopathique ou primitif

Le plus souvent, et surtout chez l'enfant, la cause est dite idiopathique : c'est-à-dire inconnue. On le dit aussi primitif, c'est-à-dire qu'aucune autre maladie n'a causé son apparition.

Une exploration exhaustive sera réalisée à la recherche d'autres maladies avant de conclure à l'absence de cause retrouvée.

Syndrome néphrotique secondaire

De très nombreuses maladies peuvent s'accompagner d'un syndrome néphrotique et ce, tout au long de leur évolution. On citera par exemple :

Le syndrome néphrotique peut également compliquer l'utilisation de certains médicaments comme les anti-inflammatoires ou le lithium par exemple.

Traitements spécifiques à la cause et aux complications

Pour chacune des causes de syndrome néphrotique secondaire, il existe un traitement spécifique qui est le plus souvent celui de la maladie concernée. Dans le cas d'un syndrome néphrotique secondaire à la prise d'un médicament, il faut arrêter le médicament dés que possible après avis du médecin.

En cas de syndrome néphrotique sans cause retrouvée, notamment chez l'enfant, on utilisera des corticoïdes en première intention. L'évolution est le plus souvent imprévisible mais un retour à la normale est possible dans 25 % des cas.

En cas d'échec, les médecins évalueront les traitements les plus appropriés et parfois réaliseront une biopsie du rein afin de mieux caractériser la pathologie. Toutes les complications du syndrome néphrotique devront être traitées ou prévenues :

  • Un traitement anticoagulant pour éviter le risque de caillots dans les veines ou dans les artères.
  • Un traitement anti-hypertenseur si besoin.
  • En cas d'insuffisance rénale, il faudra remplacer l'activité de filtration des reins par une dialyse.

Des précautions spécifiques, notamment alimentaires, seront également conseillées afin de suppléer à la perte de protéines mais aussi dans le cadre de l'utilisation de traitements par corticoïdes qui imposent des régimes sans sel et sans sucre.