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L’albuminurie correspond à la quantité d’albumine présente dans les urines. En conditions physiologiques, l’albuminurie est très faible, mais pour certaines pathologies, elle augmente et nécessite un examen biologique de surveillance (le diabète, en particulier).

Pour détecter les petites quantités d'albumine dans les urines, les biologistes utilisent un dosage spécifique, la micro-albuminurie, qui est plus sensible que l'albuminurie.

Qu'est-ce que l'albuminurie ?

En l’absence de toute pathologie, les urines ne contiennent qu’une infime quantité de protéines, grâce au rôle capital de filtre assuré par les reins. La protéinurie correspond à la présence anormale de protéines dans les urines.

Rôle de l'albumine

L’albumine est la protéine majoritaire du plasma sanguin dans les conditions physiologiques :

  • Elle est présente en grande quantité dans le sang.
  • Elle se retrouve en très petites quantités dans les urines quand les reins fonctionnent normalement.
  • Comme beaucoup d'autres protéines de l'organisme, l'albumine est donc filtrée par les reins au même titre que les toxines et autres déchets présents dans le sang.

Principe de l'albuminurie

L'albuminurie correspond à la présence d’albumine dans les urines. 

Lorsque les reins fonctionnent normalement, seule une faible quantité d’albumine passe dans les urines. Mais en cas d’atteinte rénale sévère, les quantités d’albumine passant dans les urines augmentent et peuvent parfois devenir très importantes. Dans la majorité des situations, l’albumine contribue fortement à la protéinurie, mais il existe néanmoins des protéinuries sans albuminurie.

Protéinurie et albuminurie désignent donc des situations pathologiques, quand elles sont supérieures aux valeurs physiologiques suivantes :

  • > 150 à 500 mg par 24 heures pour la protéinurie ;
  • > 300 mg par 24 heures pour l’albuminurie.

L’albuminurie et la protéinurie peuvent être révélatrices de différentes maladies, mais elles sont également étroitement surveillées au cours du suivi de certaines pathologies chroniques ou aiguës, telles que :

Cas de la micro-albuminurie

La micro-albuminurie correspond, quant à elle, au dosage de l'albumine dans les urines, lorsque les valeurs sont comprises entre les valeurs physiologiques et les valeurs pathologiques de l'albuminurie. Par rapport au dosage de l'albuminurie, la technique de dosage de la micro-albuminurie permet de détecter des quantités infimes d'albumine.

La micro-albuminurie est un marqueur indépendant de risque cardiovasculaire, rénal et de mortalité chez les diabétiques de type 1 et 2 et dans la population générale. Détecter la présence d'albumine dès le stade de la micro-albuminurie permet une prise en charge adaptée pour éviter que la situation du patient n'évolue jusqu'à l'albuminurie. En effet, dès 30 mg par 24 heures, la présence d'albumine dans les urines est déjà toxique pour le rein.

Dosage de l’albuminurie et de la micro-albuminurie

La protéinurie peut être facilement mise en évidence par une méthode qualitative et semi-quantitative, les bandelettes urinaires. Ces bandelettes, mises en présence d’urines, détectent instantanément, par une réaction colorée, la présence de protéines.

Si la bandelette se colore d’une certaine couleur, alors les urines sont positives pour la protéinurie. Selon l’intensité de la couleur, il est possible d’avoir un ordre de grandeur de la quantité de protéines dans les urines. Les bandelettes urinaires détectent la présence d’albumine, lorsque l’albuminurie dépasse 50 à 100 mg par litre d’urine. Si la bandelette urinaire détecte une protéinurie, elle doit être immédiatement confirmée par une analyse chimique, car il peut y avoir de faux positifs. 

Pour doser plus précisément la protéinurie et l’albuminurie, des dosages chimiques peuvent être effectués sur les urines du patient, sur une seule miction ou sur les urines collectées sur 24 heures.

La micro-albuminurie est un marqueur d'atteinte rénale et de risque cardiovasculaire chez les diabétiques, mais peut aussi être utilisée dans la population générale. La micro-albuminurie est dosée sur deux types de prélèvements :

  • Sur les urines de 24 heures : la valeur normale est inférieure à 30 mg par 24 heures. Le patient recueille ses urines dès le lever en urinant la première fois dans les toilettes, puis dans le pot de recueil jusqu'au lendemain à la même heure. La mesure de la diurèse (volume urinaire recueilli en 24 heures) est systématiquement associée au dosage. 
  • Sur une seule miction : la valeur normale est inférieure à 20 mg/l. Ce dosage est pratiqué surtout en dehors de l'hôpital où le recueil des urines sur 24 heures peut être plus compliqué pour le patient. Dans ce cas, le dosage de la micro-albumine est couplé à celui de la créatininurie (dosage de la créatinine contenue dans les urines). 

Albuminurie et atteintes rénales

L’albuminurie ou la protéinurie constituent des marqueurs du fonctionnement des reins. Une albuminurie anormale peut être révélatrice d’un dysfonctionnement rénal.

En général, les médecins s’intéressent alors plus au suivi de la protéinurie qu’à celui de l’albuminurie, mais en présence de certaines pathologies rénales, il est fréquent que l’albuminurie soit également anormale :

  • En cas de maladies rénales chroniques chez l’adulte ou chez l’enfant : le suivi de l'albuminurie est notamment utilisé pour dépister précocement les atteintes glomérulaires rénales (atteintes des glomérules du rein).
  • En cas de syndrome néphrotique de l’enfant : c'est une atteinte rénale sévère survenant chez le jeune enfant et, le plus souvent, sans cause connue. Marqué par une protéinurie très importante, il peut entraîner une grave insuffisance rénale.

Albuminurie, diabète et hypertension artérielle

Le diabète et l’hypertension artérielle sont des maladies chroniques qui ont pour complications possibles des atteintes rénales. Les personnes concernées par ces pathologies sont donc régulièrement suivies grâce au dosage de la micro-albuminurie.

La mise en évidence d'une micro-albuminurie (entre 30 et 300 mg/24 heures) doit être confirmée à au moins deux reprises, et ce, à une semaine d'intervalle. Il faut également éliminer toute autre cause possible de la présence de protéines dans les urines (par exemple, une infection ou une activité physique intense). Si la micro-albuminurie se confirme, les spécialistes parlent d'un début de néphropathie diabétique (atteinte rénale due au diabète). Si le dépistage n'est pas confirmé, le suivi doit être poursuivi au moins annuellement.

L’intérêt de suivre la micro-albuminurie réside dans la détection d’une faible augmentation de l’albuminurie par rapport aux valeurs physiologiques. Elle permet une prise en charge adaptée avant le stade de l’albuminurie pathologique et donc du risque d’insuffisance rénale et de complications cardiovasculaires associées.

La détection de la micro-albuminurie peut être réalisée chez un patient :

  • au moment du diagnostic de diabète ;
  • de façon annuelle ;
  • si des concentrations significatives sont détectées, le test peut être effectué plus régulièrement et fréquemment.

On trouvera plusieurs stades de présence d'albumine dans les urines qui signifieront différentes choses :

  • en absence de toute atteinte rénale, on trouve en principe une très faible quantité d’albumine dans les urines ;
  • des concentrations modérées d’albumine témoignent d’une atteinte rénale à un stade précoce ;
  • des concentrations élevées traduisent une atteinte sévère.

Il est très important de détecter précocement la micro-albuminurie pour pouvoir réagir vite et éviter une aggravation.

Albuminurie et grossesse

L’albuminurie ou la protéinurie représentent l’un des examens obligatoires dans le suivi de la grossesse à partir du 3e mois et jusqu'au terme. Dosée tous les mois, l’albuminurie ou la protéinurie a tendance physiologiquement à augmenter, en lien avec la grossesse, mais elle doit rester faible.

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Associée à la mesure de la tension artérielle, elle permet de prévenir la survenue d’une complication grave de la grossesse, la pré-éclampsie qui survient généralement au cours du 2e trimestre de la grossesse.

Cette complication, relativement fréquente (5 % des grossesses), associe une hypertension artérielle et une albuminurie pathologique. Elle peut avoir des conséquences très graves, voire mortelles, à la fois pour le fœtus et pour la mère. La pré-éclampsie est en effet la deuxième cause de décès maternel en France et une cause majeure de retard de croissance intra-utérin.

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