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L'effet Somogyi, encore appelé l'hyperglycémie rebond, est un phénomène caractéristique du diabète traité par insuline, associant une hyperglycémie matinale consécutive à une hypoglycémie nocturne.

La survenue de cet effet est le plus souvent révélateur d'un déséquilibre entre la dose d'insuline délivrée et les besoins réels. Généralement, l'hypoglycémie responsable de ce mécanisme peut être évitée en réévaluant la dose d'insuline injectée le soir avant le coucher.

Qu'est-ce que l'effet Somogyi ?

Du nom du professeur Michaël Somogyi, qui travailla sur le traitement des diabétiques à l'aide d'insuline dans les années 1950, l'effet Somogyi désigne une hyperglycémie rebond, qui est en fait une élévation réflexe de la concentration de glucose dans le sang par un mécanisme de compensation d'une forte baisse de la glycémie. Ce phénomène survient dans la majorité des cas au réveil, mais il peut aussi survenir dans la journée, par exemple si le sujet diabétique saute un ou plusieurs repas.

Si la concentration de glucose dans le sang chute en dessous d'un certain seuil (0,6 g/l), les spécialistes parlent d'hypoglycémie. Si l'hypoglycémie est importante, elle peut avoir des conséquences physiques et physiologiques, comme un malaise, une perte de connaissance, voire une syncope. L'organisme réagit alors en stimulant intensément la sécrétion d'hormones capables de faire remonter rapidement le taux de glucose dans le sang (hormones dites hyperglycémiantes, comme le glucagon).

Quelles sont les causes de l'effet Somogyi ?

Au cours de la nuit, une hypoglycémie peut s'installer pour plusieurs raisons :

  • la pratique d'un exercice physique intense en fin de journée ;
  • une réponse variable à l'insuline ;
  • une quantité d'insuline retard mal adaptée ;
  • un repas du soir trop léger, suivi d'une longue période de jeûne pendant la nuit.

La plupart du temps, cette hypoglycémie survient entre minuit et 4 h du matin. En réaction, l'organisme mobilise ses réserves de sucre, ce qui provoque une hyperglycémie au réveil.

Symptômes et diagnostic de l'effet Somogyi

L'effet Somogyi est caractérisé par une hyperglycémie matinale, précisément au réveil, après une phase d'hypoglycémie nocturne. Cette hyperglycémie est en général asymptomatique (sans signes particuliers associés) et n'est révélée que par la mesure de la glycémie (autosurveillance glycémique). Toutefois, les variations de glycémie pendant la nuit peuvent engendrer des maux de tête le matin ou des pertes d'équilibre notamment au moment du lever.

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Symptômes de l'hypoglycémie

L'effet Somogyi désigne une élévation réflexe de la glycémie consécutive à une hypoglycémie. L'hypoglycémie peut passer inaperçue, mais si elle est importante, elle peut entraîner :

  • des signes précoces comme une hypersudation, des palpitations cardiaques (tachycardie), une pâleur ou des tremblements ;
  • des signes plus marqués comme des nausées et des vomissements, une confusion mentale, une perte de connaissance appelée syncope.
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Généralement, dans l'effet Somogyi, l'hypoglycémie intervient dans la nuit, elle peut donc facilement passer inaperçue si le sujet diabétique dort profondément.

Cependant, si le sommeil est léger ou que le sujet diabétique ne dort pas, certains signes caractéristiques peuvent apparaître, comme :

  • des sueurs ;
  • des tremblements ;
  • une tachycardie ;
  • des cauchemars.

À noter que les patients ayant un antécédent récent d’hypoglycémie sévère présentent des scores cognitifs globaux significativement diminués, notamment au niveau du langage, de la fonction exécutive et de la mémoire. Si les patients ont eu des hypoglycémies sévères au cours de leur vie, c'est la fonction exécutive qui est la plus affectée.

Diagnostic de l'effet Somogyi

L'effet Somogyi concerne un grand nombre de sujets diabétiques traités par l'insuline, soit des diabétiques de type 1, soit des diabétiques de type 2 de stades avancés nécessitant une insulinothérapie. Les sujets diabétiques de type 2, non traités par insuline, sont beaucoup moins exposés au risque de l'effet Somogyi.

Le diagnostic de l'effet Somogyi repose essentiellement sur la surveillance de la glycémie plusieurs fois par jour et au cours de la nuit. Si l'autosurveillance quotidienne de la glycémie révèle des hyperglycémies matinales, une mesure de la glycémie en milieu de nuit pendant 1 semaine est recommandée pour détecter une éventuelle hypoglycémie nocturne :

  • Si la glycémie est basse dans la nuit, l'hyperglycémie au réveil est due à l'effet Somogyi.
  • Si la glycémie est normale pendant la nuit, l'hyperglycémie matinale est plutôt liée au phénomène de l'aube.
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Traitement et prévention de l'effet Somogyi

Une fois diagnostiqué, l'effet Somogyi peut être traité en identifiant la ou les causes responsables de l'hypoglycémie nocturne. Il est également possible de prévenir cet effet en adoptant quelques mesures hygiéno-diététiques et quelques bons réflexes.

Traiter l'effet Somogyi

Le traitement de l'effet Somogyi consiste à revoir globalement le contrôle du diabète

  • les habitudes alimentaires et le mode de vie ;
  • le schéma de l'insulinothérapie, en particulier les injections d'insuline du soir.

La découverte d'un effet Somogyi ne signifie pas forcément qu'il faut augmenter les doses d'insuline, mais le plus souvent, il impose de revoir le type d'insuline administrée le soir (action rapide ou lente) et la quantité, en fonction des habitudes de vie. Par exemple, si le patient a l'habitude de faire des repas plus légers le soir, il faut baisser la quantité d'insuline. 

Si le sujet diabétique ressent au cours de la nuit des signes caractéristiques d'une hypoglycémie, il est important de se resucrer rapidement pour éviter l'hyperglycémie rebond du lendemain matin.

Prévenir l'effet Somogyi

La prévention de l'effet Somogyi repose sur un contrôle du diabète au jour le jour, notamment grâce aux éléments suivants :

  • L'autosurveillance quotidienne de la glycémie est capitale.
  • La dose d'insuline du soir doit être calculée en fonction des repas et des activités physiques pratiquées en fin de journée.
  • Si la glycémie varie de manière importante, ou si le sujet diabétique ressent des symptômes d'hyper ou d'hypoglycémie, il est conseillé de consulter rapidement le médecin traitant ou le diabétologue pour avis médical. 
  • Si l'hypoglycémie nocturne devient récurrente, la pose d'une pompe à insuline peut être envisagée, en fonction du contexte médical.