Des nouvelles formes de diabète ?

Sommaire

Actuellement, les spécialistes distinguent deux grandes catégories de diabète : les diabètes sucrés et les diabètes insipides. Toutefois, de récentes données scientifiques et cliniques pourraient amener à reconsidérer les différentes formes de diabète.

Certains spécialistes considèrent que la maladie d’Alzheimer pourrait être une forme de diabète, tandis que d’autres souhaitent la prise en compte de cinq types de diabètes sucrés, au lieu des trois reconnus à ce jour.

Les diabètes reconnus : diabètes sucrés et diabète insipide

À ce jour, le corps médical reconnaît deux catégories de diabètes :

  • Les diabètes insipides, parmi lesquels :
    • le diabète insipide central ;
    • le diabète insipide néphrogénique

Si la classification des diabètes insipides ne connaît pas d’évolution, les récentes études menées sur les diabètes sucrés amènent certains scientifiques à en proposer de nouveaux types.

Existe-t-il un diabète de type 3 ?

Liens entre le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer

Le diabète de type 2 est une maladie chronique, qui connaît un essor important dans les pays industrialisés depuis plusieurs décennies. Une autre maladie connaît une évolution similaire, la maladie d’Alzheimer, l’une des formes de démence les plus répandues dans la population âgée. Des chercheurs s’interrogent ainsi sur un éventuel lien entre ces deux pathologies.

De récentes études ont mis en évidence que le diabète de type 2 constitue un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer. En effet, les conséquences du diabète sur le système cardiovasculaire sont capables d’entraîner des troubles cognitifs.  

Lire l'article Ooreka

Parallèlement, d’autres études ont montré que dans le cerveau des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, le glucose n’était pas correctement utilisé. Ce dysfonctionnement peut provoquer la mort des cellules nerveuses, induisant une perte des capacités cérébrales.

Enfin, les plaques amyloïdes, qui s’accumulent dans le cerveau des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, peuvent bloquer l’action des récepteurs de l’insuline. Ce phénomène pourrait entraîner une insulinorésistance au niveau cérébral et/ou une diminution de la production d’insuline.

Lire l'article Ooreka

La maladie d’Alzheimer, un diabète de type 3 ?

Ces liens entre le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer amènent certains chercheurs à considérer la maladie d’Alzheimer comme un diabète de type 3. En effet, le cerveau des patients atteints de la maladie d’Alzheimer semble être diabétique, comme celui des patients atteints du diabète de type 2.

Mais le rapprochement s’arrête là, car le diabète de type 2 n’est qu’un facteur de risque de développer une maladie d’Alzheimer. Et l’état diabétique n’est retrouvé qu’au niveau cérébral en cas de maladie d’Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer ne peut donc pas être considérée comme un diabète de type 3.

Bientôt cinq types de diabètes sucrés ?

Jusque-là, les diabètes sucrés regroupaient trois types de diabètes, dont seulement deux étaient chroniques :

  • le diabète de type 1 ;
  • le diabète de type 2.

Les recherches menées sur le diabète tendent à montrer que cette classification serait insuffisamment représentative des différences observées entre les patients diabétiques. Récemment, une étude suédoise a ainsi proposé de prendre en compte cinq types de diabète sucrés.  

Trois types sévères et deux types légers

Les chercheurs ont suivi une cohorte de 8 980 patients diagnostiqués diabétiques, en analysant 6 paramètres caractéristiques de la maladie diabétique.

L’analyse des résultats leur a permis de classer les patients dans cinq types de diabète, au lieu des deux existants. Ils ont ensuite validé leurs données en les appliquant à trois autres cohortes de patients.

Sur les cinq types de diabète identifiés, trois seraient des formes sévères, à risque majeur de complications :

  • Le diabète insulinodépendant sévère, débutant chez des sujets jeunes, d’indice de masse corporelle faible, présentant un déficit d’insuline et une production d’auto-anticorps (diabète auto-immun). Ce diabète serait proche du diabète de type 1 actuellement décrit.
  • Le diabète insulinodéficient sévère, avec des caractéristiques proches du premier type, mais sans mécanisme auto-immun. Cette forme de diabète serait associée à un risque majeur de rétinopathie sévère.
  • Le diabète insulinorésistant sévère, chez des patients en surpoids ou obèses, présentant une insulinorésistance. Ce diabète serait associé à un risque majoré de stéatose hépatique et de néphropathie diabétique.

Obésité

Article

Lire l'article Ooreka

Deux autres types seraient plus bénins :

  • le diabète léger sans réelle insulinorésistance, le plus fréquent, chez des individus en surpoids ;
  • les diabètes légers liés à l’âge, associés à un vieillissement du pancréas et à une action plus faible de l’insuline.

Vers une nouvelle classification des diabètes sucrés ?

Selon les chercheurs suédois, cette nouvelle classification pourrait permettre de mieux cerner les patients les plus à risque de complications graves du diabète.

La prise en charge et la surveillance des patients pourraient ainsi être mieux ciblées, et donc plus pertinentes. Les trois types sévères devraient ainsi être traités de manière plus intensive que les deux types légers.

Pour l’instant, cette classification n’a pas été reconnue par les sociétés savantes et les experts internationaux, même si les résultats des chercheurs suédois ont été globalement bien accueillis par la communauté des spécialistes du diabète.