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Le diabète de type 2, ou diabète non-insulinodépendant, peut avoir des causes multiples. Souvent, le mode de vie sédentaire et une alimentation déséquilibrée sont en cause, mais des facteurs de prédisposition génétique sont également impliqués.

Pour chaque patient, il est souvent difficile d'identifier une seule origine, mais, plus généralement, une conjonction de plusieurs facteurs favorisant le développement du diabète.

D'où vient le diabète de type 2 ?

Les causes du diabète de type 2 sont multiples et d'une manière générale, plusieurs facteurs doivent se combiner pour que la maladie se développe. Le diabète de type 2 n'apparaît pas brutalement, mais évolue pendant plusieurs années, avant de pouvoir être diagnostiqué.

Le surpoids et la sédentarité, les deux principales causes du diabète de type 2

Une grande majorité des cas de diabète de type 2 surviennent chez des sujets en surpoids et/ou sédentaires. L'alimentation est ainsi directement mise en cause dans le développement de cette pathologie. Il est donc primordial de limiter les apports en graisses, en sucres et en sels et de pratiquer une activité physique tous les jours.

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Au-delà du poids corporel et de l'indice de masse corporelle (IMC), le facteur de risque majeur de développer un diabète de type 2 est la présence de graisse au niveau abdominal. La graisse abdominale sous-cutanée ou viscérale profonde (obésité androïde) est bien plus dangereuse que la graisse sous-cutanée périphérique (hanches, cuisses, torse). Ce type d'obésité est notamment l'une des caractéristiques du syndrome métabolique, très souvent associé au diabète de type 2. En revanche, l'ablation chirurgicale de cette graisse abdominale ne modifie que peu le risque de diabète de type 2.

Par ailleurs, le manque d'activité physique multiplie par deux le risque de diabète de type 2 chez un sujet prédisposé. Deux facteurs sont imbriqués et complémentaires : le manque d'activité physique et la sédentarité, en particulier le temps passé assis au cours de la journée. 

Obésité

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Des facteurs de prédisposition génétique

Avoir un ou deux parents diabétiques de type 2 accroît considérablement le risque de le devenir soi-même, sans que la maladie ne soit pour autant systématique. Ce constat démontre l'existence de facteurs génétiques de prédisposition. Les généticiens estiment que plusieurs dizaines, peut-être centaines, de gènes pourraient être impliqués dans la prédisposition au diabète de type 2, ce qui rend totalement impossible tout dépistage génétique précoce et prévention génétique.

Cependant, il existe une exception, le diabète MODY (pour Maturity Onset Diabet of the Young), une forme particulière, qui n'est ni un diabète de type 1, ni un diabète de type 2. Il touche l'adulte jeune, parfois dès l'adolescence, et représente environ 2 % de l'ensemble des cas de diabète sucré. Le diabète MODY a une origine génétique bien identifiée, avec plusieurs formes en fonction du gène spécifique en cause.

Les anomalies lipidiques

L'augmentation des triglycérides et la baisse du cholestérol HDL (souvent appelé « bon cholestérol ») dans le sang sont deux facteurs de risque identifiables, bien avant l'apparition des premiers signes du diabète de type 2.

Ils sont, comme la graisse abdominale, l'une des principales caractéristiques du syndrome métabolique. De plus, ils sont souvent associés à un manque d'activité physique et à une mauvaise alimentation. 

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Les dysbioses intestinales

Les dysbioses intestinales (déséquilibres de la flore intestinale) favorisent la survenue de nombreuses pathologies métaboliques.

Les dysbioses correspondent à la présence de bactéries normalement absentes du microbiote (ensemble des micro-organismes du corps) ou à des déséquilibres dans les proportions entre les différentes espèces bactériennes du microbiote. Elles peuvent entraîner l'intrusion de bactéries dans l'organisme (infections) et augmentent le risque de diabète de type 2.

Les principales causes de cette perturbation du microbiote intestinal sont :

  • La consommation d'antibiotiques, trop souvent ou à mauvais escient ;
  • Une alimentation déséquilibrée, avec des apports en fibres insuffisants.
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Le manque de sommeil

Une étude suédoise a montré l’importance du sommeil dans la régulation de la composition du microbiote intestinal. Ainsi, en cas de manque de sommeil, on observe, au bout de 2 nuits seulement, une augmentation du rapport Firmicutes/Bactéroïdètes (bactéries de la flore intestinale) associé à la prise de poids et à l’obésité, et donc au diabète de type 2.

De plus, la privation de sommeil réduit d’environ 20 % la sensibilité à l’insuline.

Autres facteurs de risque du diabète de type 2

En dehors des principaux facteurs de risque, certaines situations particulières exposent également à une augmentation du risque de diabète de type 2. En effet, cette maladie est plus fréquente chez :

  • les femmes qui ont donné naissance à un enfant de plus de 4 kilos (macrosomie fœtale) ;
  • les femmes ayant eu une glycémie élevée pendant une grossesse ;
  • les femmes ayant présenté un diabète gestationnel au cours de l'une de leurs grossesses ;
  • les personnes ayant eu un faible poids de naissance sans être prématurées ;
  • les personnes qui étaient obèses ou même simplement en surpoids lorsqu'elles étaient enfants (en particulier, si ce surpoids persiste jusqu'à la puberté) ;
  • les personnes atteintes d'hypertension artérielle ;
  • les personnes qui présentent une maladie parodontale non stabilisée, l'inflammation provoquée par une parodontite sur le long terme favorisant l'insulino-résistance et augmentant la glycémie ;
  • les femmes (pas les hommes) qui travaillent plus de 40 heures par semaine. Plus elles travaillent longtemps, plus les risques augmentent ; par exemple, les risques sont triplés avec 60 heures de travail hebdomadaire pendant 30 ans.
  • les personnes ayant eu un cancer, en particulier un cancer du pancréas, du rein ou du foie (risque qui se manifeste surtout dans les 2 ans suivant le diagnostic de cancer, mais qui tend à persister au fil des années).
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La pollution de l'air constitue également un facteur favorisant du diabète, en réduisant la production d'insuline et en empêchant l'organisme de convertir le glucose en énergie. Selon des chercheurs américains, la pollution de l’air aurait ainsi contribué à l’apparition de 3,2 millions nouveaux cas de diabète en 2016, soit 14 % des diabètes dans le monde. La perturbation des systèmes endocriniens par les polluants chimiques pourrait être à l'origine de ce phénomène. 

Le diabète de type 2 : une maladie qui évolue

Le diabète de type 2 ne se développe pas en quelques mois, mais insidieusement sur plusieurs années. À la suite d'une période de prédiabète, cette maladie connaît trois phases d'évolution.

Résistance à l'insuline ou insulinorésistance

Le mécanisme initial de la résistance à l'insuline ou intolérance au glucose est l'excès d'acides gras d'origine alimentaire ou libérés par le tissu adipeux dans le sang. Ces acides gras entrent en compétition avec le glucose :

  • dans le métabolisme musculaire : ils sont brûlés en priorité en dehors de l'effort intense et le muscle ne consomme pas ses réserves de glycogène, qu'il n'a pas besoin de reconstituer ; le glucose sanguin ne peut alors plus pénétrer dans le muscle ;
  • dans le métabolisme du foie, qui fabrique du glucose à partir de ces acides gras en excès (néoglucogenèse).

Le tout aboutit à une élévation modérée, mais permanente de la glycémie, que le pancréas tente inutilement d'équilibrer en produisant encore plus d'insuline : c'est l'hyperinsulinisme. Cette période de résistance à l'insuline peut durer 10 à 20 ans : l'hyperinsulinisme épuise alors peu à peu le pancréas, dont la sécrétion diminue jusqu'à aboutir à une carence relative en insuline : c'est l'insulinodéficience.

Diabète avéré

La glycémie s'élève au-dessus du seuil diabétique (1,26 g/l à jeun) quand l'hyperinsulinisme décroît et aboutit à une relative carence en insuline alors que les troubles métaboliques persistent au niveau des muscles et du foie. C'est le stade de diabète avéré.

L'hyperglycémie permanente détériore alors les capillaires et les vaisseaux sanguins, provoquant les altérations qui aboutiront aux complications chroniques du diabète.

Diabète évolué

Après une longue évolution, la carence relative en insuline s'accentue et la glycémie devient impossible à contrôler sans injection de quotidienne de quelques unités d'insuline ultra-lente qui permettent au pancréas de réserver sa production naturelle pour les heures qui suivent les repas.

À chaque stade du diabète, un traitement adapté peut permettre de ralentir ou de stopper l'évolution du diabète. Les médicaments ne sont pas toujours prescrits d'emblée. L'adoption d'un mode de vie actif et d'une alimentation saine et équilibrée sont les premiers piliers de la prise en charge du diabète de type 2. 

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