Causes du diabète gestationnel

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Contrairement aux autres types de diabètes sucrés, qui sont des maladies chroniques, le diabète gestationnel, ou diabète de grossesse, est un état pathologique transitoire, qui disparaît le plus souvent dans les jours ou semaines qui suivent l’accouchement.

Le diabète gestationnel survient généralement chez des femmes présentant des facteurs de risque.

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Le métabolisme et la régulation de la glycémie (taux sanguin de glucose) sont perturbés par les sécrétions hormonales physiologiques qui accompagnent la grossesse.

Pendant le premier trimestre de la grossesse, les hypoglycémies sont fréquentes et épisodiques, en lien avec la sécrétion des hormones de la grossesse et/ou l’irrégularité des repas (notamment en cas de fortes nausées).

Progressivement, au cours du second trimestre de la grossesse, se développe une résistance à l’insuline (insulinorésistance), ce qui provoque une augmentation des besoins en insuline. Ces besoins deviennent, vers le troisième trimestre de la grossesse, entre deux et trois fois plus importants qu’en temps normal.

La grossesse entraîne chez toutes les femmes des épisodes d’hypoglycémies et d’hyperglycémies. En cela, elle peut être considérée comme diabétogène. En temps normal, ces épisodes restent rares et la glycémie est relativement bien contrôlée par l’organisme tout au long de la grossesse : le pancréas répond aux hyperglycémies en synthétisant plus d’insuline.

À l’inverse, chez certaines femmes prédisposées (environ 5 % des patientes), un diabète gestationnel peut survenir lorsque le pancréas ne répond plus à la demande en insuline.

Quelles sont les femmes prédisposées au diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel résulte de l’insulinorésistance liée à la grossesse, qui s’aggrave pour devenir pathologique chez des femmes enceintes prédisposées.

La grossesse en elle-même peut être considérée comme une cause de diabète gestationnel. En pratique, c’est la conjonction entre une prédisposition et la grossesse, qui entraîne la maladie diabétique.

Plusieurs facteurs de risque de diabète gestationnel ont, par ailleurs, été clairement identifiés :

  • une grossesse tardive, en particulier après l’âge de 35 ans et les femmes enceintes à 40 ans et plus auraient entre 2 et 3 fois plus de risque de diabète gestationnel ;
  • l'indice de masse corporelle (IMC) : le diabète gestationnel est plus fréquent chez les femmes enceintes en surpoids ou obèses ;
  • des antécédents personnels de diabète gestationnel : le risque est doublé pour une femme ayant déjà présenté un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse ;
  • des antécédents familiaux de diabète de type 2 (parents, frères et sœurs) ;
  • des antécédents d’accouchement d’un bébé de plus de 4 kg.

Certaines circonstances de la grossesse peuvent également inciter les médecins à rechercher un diabète gestationnel :

  • une quantité trop importante de liquide amniotique (hydramnios) ; 
  • un fœtus dont la taille est supérieure à la moyenne.

En dehors de tous ces facteurs, il est toutefois possible qu’une femme enceinte développe un diabète gestationnel, sans aucune cause identifiable, à part la grossesse.

Comment dépister le diabète gestationnel ? 

Toutes les femmes enceintes doivent effectuer un dosage de la glycémie au premier trimestre de la grossesse. Ensuite, en dehors de tout facteur de risque, le dépistage du diabète gestationnel n’est pas obligatoire.

En revanche, il est fortement recommandé chez toutes les femmes présentant un ou plusieurs facteurs de risque. Un test d’O’Sullivan (ou hyperglycémie provoquée par voie orale) sera effectué au cours du second trimestre de la grossesse.

Quelles complications en cas de diabète gestationnel ?

Le dépistage du diabète gestationnel est essentiel, car cet état diabétique peut entraîner des risques pour la santé de la mère et du bébé.

  • Pour le bébé :
    • un risque de développer un poids excessif qui compliquerait le déroulement de l'accouchement (forceps, césarienne),
    • un risque d'hypoglycémie à la naissance si la mère était en hyperglycémie dans les jours précédents l'accouchement.
  • Pour la mère :
    • un accouchement difficile du fait du poids excessif du bébé (épisiotomie, césarienne...),
    • un risque de développer un diabète de type 2 par la suite (toutefois, plus la durée d'allaitement serait longue, plus les risques développer ultérieurement un diabète seraient faibles).

Bien plus tard, dans les huit années qui suivent un diabète gestationnel, la mère présenterait des risques plus élevés de développer un cancer du pancréas. C'est en tout cas ce que donne à penser une étude française qui a porté sur plus de 100 000 femmes et qui a constaté une forte augmentation du risque de cancer du pancréas.