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Le diabète insipide n’est pas un diabète sucré, comme les autres formes de diabète. La maladie, beaucoup plus rare que le diabète sucré, ne concerne pas la régulation du taux de glucose dans le sang, mais la régulation hormonale de la quantité d’eau rejetée dans les urines.

Qu’est-ce que le diabète insipide ?

Le diabète insipide est provoqué par un déficit ou une résistance à une hormone, la vasopressine. Ce déficit entraîne une production importante d’urines, jusqu’à 30 litres par jour.

Plusieurs causes peuvent entraîner un diabète insipide, qui est diagnostiqué par un test spécifique, appelé le test de privation d’eau.

Le diabète insipide est totalement différent des autres formes de diabète. Il existe sous deux formes principales :

  • le diabète insipide central, provoqué par une anomalie au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire ;
  • le diabète insipide néphrogénique, lié à une résistance du rein à la vasopressine.

Le diabète insipide central est lié à un déficit en hormone antidiurétique ou vasopressine. La vasopressine est produite par l’hypothalamus, puis stockée et libérée dans le sang par l’hypophyse. Elle agit principalement au niveau des reins, où elle entraîne une réabsorption d’eau à partir des urines, pour prévenir la déshydratation du corps.

Dans le diabète insipide néphrogénique, les tissus rénaux ne répondent plus, totalement ou partiellement, à l'action de la vasopressine. 

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Quelles sont les causes du diabète insipide ?

Toutes les situations qui peuvent affecter ou léser l’axe hypothalamo-hypophysaire sont susceptibles d'entraîner un diabète insipide central, qui peut être :

  • primitif : l’individu naît avec un diabète insipide. Il est sans cause déterminée ou dû à des anomalies génétiques ;
  • secondaire : le diabète insipide se développe suite à un accident ou à une affection, comme des lésions cérébrales, une infection (encéphalite, méningite), des affections de l’hypothalamus ou de l’hypophyse, un accident vasculaire (thrombose, anévrisme).

Le diabète insipide néphrogénique peut également être :

  • primitif : il est alors héréditaire et lié à une mutation génétique ;
  • secondaire : dans ce cas, il est consécutif à une maladie qui peut être rénale, auto-immune (comme le syndrome de Gougerot-Sjögren ou l’amylose), à un cancer (myélomes, sarcomes), mais aussi à la prise de certains médicaments (lithium, antibiotiques, dopamine, etc.).
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Quels sont les symptômes du diabète insipide ?

Le diabète insipide, qu'elle que soit sa forme, peut être complet (absence totale de vasopressine) ou partiel (défaut en vasopressine), ce qui définit l’intensité des symptômes. 

Les symptômes sont les suivants :

  • une polyurie, c'est-à-dire une augmentation de la quantité journalière d’urines, qui peut facilement dépasser 10 litres par jour ;
  • une polydipsie, c'est-à-dire une augmentation anormale de la sensation de soif, seul symptôme commun avec les diabètes sucrés.

D’autres symptômes peuvent être associés à la cause même du diabète insipide, par exemple la fièvre. Les symptômes peuvent, en outre, débuter à tous les âges, le plus souvent brutalement.

En l’absence de traitement adapté, des complications rénales, parfois irréversibles, peuvent survenir.

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Comment dépister un diabète insipide ?

Le test de restriction hydrique est le principal examen permettant de détecter un diabète insipide. Il permet d’évaluer la capacité maximale des reins à concentrer les urines, et donc à réabsorber l’eau des urines.

Il consiste à priver le patient d’eau et à analyser ses urines sur 24 heures. Ce test peut provoquer une sévère déshydratation et nécessite donc une étroite surveillance médicale continue.

Des prélèvements sanguins sont réalisés en parallèle.

Pour différencier un diabète insipide central d’un diabète insipide néphrogénique, les médecins se basent sur :

  • le taux plasmatique de vasopressine ;
  • la réponse à l’administration d’une quantité de vasopressine (test à la vasopressine). 

Comment traiter un diabète insipide ?

Le traitement du diabète insipide repose sur deux aspects fondamentaux :

  • le traitement de la cause du diabète insipide central, lorsqu’un traitement existe ;
  • l’administration d’un traitement hormonal, basé sur un analogue synthétique de la vasopressine, la desmopressine ou la lypressine, administrées le plus souvent par voie nasale.

D’autres médicaments non-hormonaux peuvent être prescrits, notamment :

  • des diurétiques, généralement des diurétiques thiazidiques ;
  • des médicaments stimulant la libération de la vasopressine, comme le chlorpropamide, la carbamazépine ou le clofibrate, qui peuvent permettre de réduire les doses de médicaments hormonaux ;
  • des inhibiteurs de la prostaglandine, mais dont l’efficacité reste modeste.

Le traitement est adapté à chaque patient. Une restriction hydrosodée (rétention d'eau) peut également être instaurée, pour réduire le volume d’urines.

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