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La surveillance du diabète est le moyen le plus efficace pour retarder et freiner l'évolution du diabète et donc les complications chroniques liées à la maladie. Elle repose sur le contrôle permanent de la glycémie et la surveillance des organes cibles de la maladie par l'ensemble des médecins spécialistes concernés.

Le patient lui-même est directement impliqué dans la surveillance de sa maladie. En effet, la surveillance de la glycémie est assurée par le sujet diabétique lui-même ou par ses parents s'il s'agit d'un enfant jeune ; une autosurveillance pour laquelle le malade et ses proches reçoivent une éducation thérapeutique spécifique de la part des médecins diabétologues.

Contrôle de la glycémie en cas de diabète

Le diabète, quel qu'en soit le type, a pour principale manifestation une augmentation de la glycémie. Le contrôle régulier et permanent de la glycémie occupe donc une place centrale dans la surveillance du diabète.

Autosurveillance de la glycémie capillaire

Le contrôle de la glycémie repose en grande partie sur la mesure quotidienne de la glycémie capillaire par le patient lui-même ou un membre de sa famille ou un professionnel s'il en est incapable.

Pour mesurer la glycémie capillaire, il est nécessaire de disposer d'un lecteur de glycémie. Le principe est simple : une minuscule goutte de sang est prélevée au bout du doigt, déposée sur une bandelette et introduite dans l'appareil. Le lecteur analyse en quelques secondes la glycémie et affiche le résultat sur l'écran.

Les lecteurs modernes peuvent garder en mémoire plusieurs centaines de résultats et, pour certains, évaluer le taux probable d'hémoglobine glyquée HbA1c.

Une autosurveillance variable selon les types de diabète

La fréquence de surveillance du taux de glycémie n'est pas la même chez le patient atteint de diabète de type 1 ou celui atteint de diabète de type 2.

Dans le cas du diabète de type 1, la glycémie capillaire est, en principe, mesurée :

  • le matin à jeun pour évaluer l'efficacité de la dernière dose d'insuline de la veille ;
  • avant chaque repas, s'il y a une injection d'insuline avant de manger, ou une heure après la fin des repas pour évaluer la nécessité d'une éventuelle injection ;
  • en cas de malaise ou de signes d'hypoglycémie.

Chaque résultat est reporté dans le carnet d'autosurveillance avec d'autres paramètres : sensations de soif, de malaise, repas décalé ou inhabituel, volume atypique des urines, maladie intercurrente, par exemple. Ce carnet est l'outil majeur de la communication entre le patient diabétique et ses médecins.

Très rigoureuse et intensive pendant les premiers mois de traitement ou lors d'événements inhabituels (maladie infectieuse, voyage), l'autosurveillance peut être simplifiée par le médecin en période de stabilité des résultats. Un seul contrôle, le matin ou le soir, peut suffire, sauf en cas de malaise, de changement transitoire de régime ou de mode de vie.

Elle est parfois complétée par une autosurveillance des urines grâce à des bandelettes qui détectent le glucose et les protéines dans les urines. Une fois par semaine, il est conseillé de vérifier l'absence de corps cétoniques dans les urines (par des bandelettes spécifiques). Certains lecteurs de glycémie peuvent détecter la présence de ces corps cétoniques dans le sang, en même temps que la mesure de la glycémie capillaire. 

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Chez le sujet diabétique de type 2, l'autosurveillance de la glycémie est souhaitable, mais pas aussi systématique que dans le diabète de type 1. Un dosage est recommandé :

  • une fois par semaine chez le sujet sous antidiabétiques oraux ;
  • une fois par jour chez le sujet sous insuline ultra-lente ;
  • en cas de malaise, surtout chez le sujet sous sulfamides, glinides ou insuline lente.

Tous les résultats et incidents sont notés dans le carnet d'autosurveillance délivré par le médecin traitant. L'autosurveillance porte également sur le poids avec une pesée par semaine : toute prise de poids est à éviter.

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Suivi médical en cas de diabète

Parallèlement à l'autosurveillance de la glycémie capillaire, le patient diabétique nécessite un suivi médical particulier et régulier. La surveillance médicale du diabète poursuit un double but :

  • s'assurer du suivi et de l'efficacité du traitement ;
  • détecter et traiter le plus tôt possible les complications.

La cheville ouvrière de cette surveillance est le médecin traitant. Il assure la surveillance mensuelle et la prise en charge des incidents mineurs, il coordonne aussi l'action des spécialistes : diabétologue, ophtalmologiste, neurologue, néphrologue en fonction des situations.

Consultation médicale mensuelle

La consultation mensuelle comporte plusieurs examens :

  • un examen clinique général ;
  • l'analyse du carnet d'autosurveillance et des différentes mesures de glycémie (si le patient dispose d’un lecteur de glycémie) ;
  • l'évaluation des incidents mineurs et de leurs facteurs déclenchants ;
  • la surveillance de la croissance chez l'enfant ;
  • la mesure de l'acceptation de la maladie et de son traitement, surtout chez l'adolescent.

Bilan trimestriel : surveillance des données sanguines

Tous les 3 ou 4 mois, le médecin vérifie les paramètres biologiques essentiels :

  • le poids ;
  • la pression artérielle ;
  • l'hémoglobine glyquée (HbA1c) est une hémoglobine dénaturée par les excès de glucose sanguin et qui reflète l'équilibre du diabète sur les trois derniers mois ; les objectifs fixés en coordination avec le diabétologue, généralement entre 6,5 et 7 %, ne sont atteints que si le régime et le traitement sont adaptés et bien suivis ;
  • une glycémie veineuse à jeun ;
  • le taux de créatinine, reflet de la qualité de la fonction rénale ;
  • la microalbuminurie (présence de faibles quantités de protéines dans les urines) qui traduirait une altération du tissu rénal ; cet examen peut être annuel tant qu les taux observés sont normaux ;
  • la présence de corps cétoniques, témoins d'un déséquilibre du diabète ;
  • les taux de lipides sanguins directement influencés par le régime et le diabète.

Surveillance annuelle des organes cibles

Outre le bilan sanguin et urinaire trimestriel, les patients diabétiques doivent chaque année consulter différents spécialistes pour s'assurer de l'absence de complications au niveau des organes cibles de la maladie :

  • un examen ophtalmologique avec fond d'œil pour détecter les premiers signes de rétinopathie ;
  • un examen cardiologique avec électrocardiogramme pour détecter les complications cardio-vasculaires et les signes d'angor. ;
  • un bilan podologique pour détecter les éventuelles anomalies au niveau du pied et prévenir le pied diabétique (tous les ans en l'absence de risque, mais tous les 6 mois en cas de pied diabétique déjà installé, tous les 3 mois si artérite ou déformation et tous les mois si antécédent d’ulcère) ;
  • tout autre examen que le médecin traitant juge nécessaire, neurologique, un souffle vasculaire sur les trajets artériels, une hypotension orthostatique ou une hypoérection par exemple ;
  • un examen ORL et dentaire et le soin de toute carie débutante ;
  • un foyer infectieux.

Tous ces examens figurent dans le protocole d'affection de longue durée établi entre le malade, les médecins et la caisse d'Assurance maladie pour une prise en charge à 100 % des traitements et des soins liés au diabète.

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Surveillance du diabète gestationnel

Lorsqu'un diabète gestationnel est diagnostiqué chez une femme enceinte, il est indispensable de le surveiller afin d'éviter d'éventuelles complications, aussi bien chez la mère que chez l'enfant.

Dépistage du diabète gestationnel : surveiller la glycémie

Le médecin adapte le traitement en fonction des résultats obtenus après les tests et de l'évolution de l'hémoglobine glyquée :

  • Si la femme enceinte est mise sous insuline, l'autosurveillance de la glycémie est effectuée 2 à 4 fois par jour, notamment après les repas et en cas de malaise.
  • Si le traitement associe un régime et de l'activité physique, une autosurveillance de la glycémie est demandée entre 2 fois par jour et 2 fois par semaine.

Après l'accouchement, la glycémie est surveillée jusqu'à son retour à la normale, en quelques semaines le plus souvent. Seul un diabète préexistant à la grossesse persistera et imposera la poursuite des traitements.

Surveillance de la grossesse après dépistage du diabète gestationnel

Dès la découverte du diabète gestationnel, la surveillance médicale de la grossesse est renforcée :

  • sur le risque de toxémie gravidique et d'éclampsie : œdèmes, hypertension artérielle, protéines dans les urines ;
  • sur la corpulence du bébé qui détermine la date de l'accouchement par voie naturelle ou par césarienne, dans une maternité qualifiée pour les grossesses à risque (maternité de niveau 2 ou 3).

La corpulence du bébé est surveillée par une ou deux échographies supplémentaires en fin de grossesse.

Surveillance de l'enfant après dépistage du diabète gestationnel

Le risque de détresse respiratoire est contrôlé par le monitorage de la fréquence respiratoire pendant la phase de travail, puis par l'examen clinique du bébé à la naissance.

Le risque d'hypoglycémie est contrôlé par la mesure de la glycémie capillaire et justifie une prise de biberons d'eau sucrée dès les premières heures de la vie.