Surveillance du diabète

Écrit par les experts Ooreka

 

La surveillance du diabète est le seul moyen de retarder et de freiner les complications chroniques liées à la maladie. Cela passe par le contrôle permanent de la glycémie et la surveillance des organes cibles de la maladie par l'ensemble des médecins concernés. La surveillance de la glycémie est assurée par le diabétique lui-même ou par ses parents s'il d'agit d'un enfant, une autosurveillance pour laquelle le malade et ses proches reçoivent une éducation spécifique de la part des diabétologues.

Diabète : l'autosurveillance de la glycémie

L'autosurveillance de la glycémie capillaire est l'un des plus grands progrès dans la prise en charge du diabète de type 1 depuis l'utilisation de l'insuline dans le traitement. Moins systématique dans le diabète gestationnel, l'insuline est aussi l'un des traitements du diabète de type 2.

Lecteur de glycémie : l'outil indispensable de la surveillance du diabète

Le principe du lecteur de glycémie est simple : une minuscule goutte de sang est prélevée au bout du doigt, déposée sur une bandelette et introduite dans l'appareil. Le lecteur analyse en quelques secondes la glycémie et affiche le résultat sur l'écran. Les lecteurs modernes peuvent garder en mémoire plusieurs centaines de résultats et pour certains d'évaluer le taux probable d'hémoglobine glyquée HbA1c.

L'autopiqueur comporte une aiguille très fine, propulsée hors de son logement par un ressort. Cette piqûre minuscule n'est pas douloureuse, mai il est important de changer de doigt et de zone de piqûre car la répétition plusieurs fois par jour finit par provoquer une véritable usure de la peau.

Les lecteurs de glycémie et leurs accessoires (bandelettes, autopiqueur et ses aiguilles) sont délivrés sur ordonnance en pharmacie et pris en charge à 100 % dans le cadre d'un diabète.

Bon à savoir : il existe des lecteurs de glycémie connectés, adaptables à votre smartphone.

Le nouveaux lecteur de glycémie sans piqûre

L'auto-contrôle de la glycémie peut également se faire au moyen d'un procédé innovant, sans piqûre : le système Flash d'autosurveillance du glucose par scan. Un capteur placé à l'arrière du bras réalise un scan, mesure instantanément le taux de sucre, et le transmet à un lecteur.

Ce glucomètre non intrusif, dénommé Freestyle libre (du laboratoire Abbott), est remboursé à 100 % par la Sécurité sociale depuis le 1er juin 2017 (arrêté du 4 mai 2017), à raison d'un lecteur tous les 4 ans, et d'un capteur tous les 14 jours.

Surveillance du diabète : mesurer sa glycémie

La fréquence de surveillance du taux de glycémie n'est pas la même chez le patient atteint de diabète de type 1 ou celui atteint de diabete de type 2.

L'autosurveillance du diabète de type 1

En principe, la glycémie est mesurée :

  • le matin à jeun pour juger l'efficacité de la dernière dose d'insuline de la veille ;
  • avant chaque repas s'il y a injection d'insuline avant de manger, ou une heure après la fin des repas pour évaluer la nécessité d'une éventuelle injection ;
  • en cas de malaise ou de signes d'hypoglycémie.

Chaque résultat est reporté dans le carnet d'autosurveillance avec d'autres paramètres : sensations de soif, de malaise, repas décalé ou inhabituel, volume atypique des urines, maladie intercurrente par exemple. Ce carnet est l'outil majeur de la communication entre le diabétique et ses médecins.

Évolution de la surveillance du diabète de type 1

Très rigoureuse et intensive pendant les premiers mois de traitement ou lors d'événements inhabituels (maladie infectieuse, voyage), l'autosurveillance peut être simplifiée par le médecin en période de stabilité des résultats. Un seul contrôle, le matin ou le soir, peut suffire, sauf en cas de malaise, de changement transitoire de régime ou de mode de vie. Elle est parfois complétée par une autosurveillance des urines grâce à des bandelettes qui détectent le glucose et les protéines dans les urines.

L'autosurveillance du diabète de type 2

Chez le diabétique 2, l'autosurveillance de la glycémie est souhaitable mais n'est pas aussi obligatoire que chez le diabétique 1. Un dosage est recommandé :

  • une fois par semaine chez le sujet sous antidiabétiques oraux ;
  • une fois par jour chez le sujet sous insuline ultra-lente ;
  • en cas de malaise, surtout chez le sujet sous sulfamides, glinides ou insuline lente.

Tous les résultats et incidents sont notés dans le carnet d'autosurveillance délivré par le médecin traitant. L'autosurveillance porte également sur le poids avec une pesée par semaine : toute prise de poids est à éviter.

Surveillance médicale du diabète : le suivi

La surveillance médicale du diabète poursuit un double but :

  • s'assurer du suivi et de l'efficacité du traitement ;
  • détecter et traiter le plus tôt possible les complications.

La cheville ouvrière de cette surveillance est le médecin traitant. Il assure la surveillance mensuelle et la prise en charge des incidents mineurs, il coordonne aussi l'action des spécialistes : diabétologue, ophtalmologiste, neurologue, néphrologue en fonction des situations.

La consultation mensuelle

La consultation mensuelle comporte plusieurs examens :

  • un examen clinique général ;
  • l'analyse du carnet d'autosurveillance et des différentes mesures de glycémie ;
  • l'évaluation des incidents mineurs et de leurs facteurs déclenchants ;
  • la surveillance de la croissance chez l'enfant ;
  • la mesure de l'acceptation de la maladie et de son traitement, surtout chez l'adolescent.

Le bilan trimestriel : surveillance des données sanguines

Tous les 3 ou 4 mois, le médecin vérifie les paramètres biologiques essentiels :

  • l'hémoglobine glyquée HbA1 est une hémoglobine dénaturée par les excès de glucose sanguin et qui reflète l'équilibre du diabète sur les trois derniers mois ; les objectifs fixés en coordination avec le diabétologue, généralement entre 6,5 et 7 %, ne sont atteints que si le régime et le traitement sont adaptés et bien suivis ;
  • une glycémie veineuse à jeun ;
  • le taux de créatinine, reflet de la qualité de la fonction rénale ;
  • la microalbuminurie (présence de faibles quantités de protéines dans les urines) qui traduirait une altération du tissu rénal, cet examen peut être annuel tant qu les taux observés sont normaux ;
  • la présence de corps cétoniques, témoins d'un déséquilibre du diabète ;
  • les taux de lipides sanguins directement influencés par le régime et le diabète.

Diabète : surveillance annuelle des organes cibles

Outre le bilan sanguin et urinaire trimestriel, le diabétique 1 doit subir pratiquer année

  • un examen ophtalmologique avec fond d'œil pour détecter les premiers signes de rétinopathie ;
  • un examen cardiologique avec électrocardiogramme pour détecter les complications cardio-vasculaires ;
  • un bilan podologique ;
  • tout autre examen que le médecin traitant juge nécessaire, neurologique par exemple ;
  • un examen dentaire et le soin de toute carie débutante.

Tous ces examens figurent dans le protocole d'affection de longue durée établi entre le malade, les médecins et la caisse d'assurance-maladie pour une prise en charge à 100 % des traitements et des soins liés au diabète.

Surveillance du diabète gestationnel

Lorsqu'un diabète gestationnel est diagnostiqué chez une femme enceinte, il est indispensable de le surveiller afin d'éviter d'éventuelles complications, aussi bien chez la mère que chez l'enfant.

Dépistage du diabète gestationnel : surveiller la glycémie

Le médecin adapte le traitement en fonction des résultats obtenus après les tests et de l'évolution de l'hémoglobine glyqyée :

  • Si la femme enceinte est mise sous insuline, l'autosurveillance de la glycémie est effectuée 2 à 4 fois par jour, notamment après les repas et en cas de malaise.
  • Si le traitement associe un régime et de l'activité physique, une autosurveillance de la glycémie est demandée entre 2 fois par jour et 2 fois par semaine.

Après l'accouchement, la glycémie est surveillée jusqu'à son retour à la normale, en quelques semaines le plus souvent. Seul un diabète préexistant à la grossesse persistera et imposera la poursuite des traitements.

Surveillance de la grossesse après dépistage du diabète gestationnel

Dès la découverte du diabète gestationnel, la surveillance médicale de la grossesse est renforcée :

  • sur le risque de toxémie gravidique et d'éclampsie : œdèmes, hypertension artérielle, protéines dans les urines ;
  • sur la corpulence du bébé qui détermine la date de l'accouchement par voies naturelles ou par césarienne, dans une maternité qualifiée pour grosses à risques.

La corpulence du bébé est surveillée par une ou deux échographies supplémentaires en fin de grossesse.

Surveillance de l'enfant après dépistage du diabète gestationnel

Le risque de détresse respiratoire est contrôlé par le monitorage pendant la phase de travail puis l'examen clinique du bébé à la naissance.

Le risque d'hypoglycémie est contrôlé par la mesure de la glycémie capillaire et justifie une prise de biberons d'eau sucrée dès les premières heures de la vie.

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