Dépistage et contrôle du diabète

Sommaire

Les diabètes sucrés sont des maladies chroniques, dont les complications peuvent être graves. Pourtant, les spécialistes estiment qu'une forte proportion de personnes ignore qu'elles sont diabétiques.

Il est donc essentiel de les diagnostiquer et de les traiter le plus tôt possible, afin de retarder l'évolution de la maladie. Dans cette optique, des tests de dépistage du diabète ont été mis au point et sont recommandés, en particulier pour les personnes à risque.

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Le diabète de type 1 : un diagnostic, mais pas de dépistage

Dépistage du diabète de type 1

Les symptômes du diabète de type 1 apparaissent souvent brusquement, en quelques jours. Toutefois, les médecins ont découvert que les anticorps responsables de la destruction des cellules productrices d'insuline étaient parfois présents dans le sang plusieurs années avant l'apparition de la maladie.

Détecter ces anticorps spécifiques dans le sang d'un enfant ou d'un jeune adulte permettrait de savoir s'il présente un risque de développer ou non un diabète de type 1. Néanmoins, un dépistage systématique de ces anticorps n'éviterait aucun diabète déclaré et inquiéterait inutilement des personnes qui ne déclareront peut-être jamais la maladie, dans la mesure où :

  • le diabète n'apparaît pas systématiquement chez les sujets porteurs d'anticorps ;
  • il n'existe aucun traitement capable de prévenir l'apparition du diabète chez les sujets porteurs d'anticorps.

Pour l'ensemble de ces raisons, il n'existe pas de dépistage du diabète de type 1

Diagnostic du diabète de type 1

Deux grands types de circonstances évoquent un diabète de type 1 :

  • l'apparition des symptômes du diabète de type 1 typiques :
    • la polyurie (urines abondantes),
    • la polydipsie (besoin de grandes quantités de boissons),
    • un amaigrissement malgré un appétit conservé ;
  • la découverte inopinée de glucose dans les urines (glycosurie), au cours d'un bilan de santé.

Dans les deux cas, une simple prise de sang montrant une glycémie supérieure à 2 g/l confirme le diabète, ou encore deux glycémies supérieures à 1,26 g/l

Glycémie

Article

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Le diabète de type 2, un dépistage systématique au-delà d'un certain âge

Dépistage du diabète de type 2

Le diabète de type 2 est souvent considéré comme la grande épidémie silencieuse du siècle. Rien qu'en France, on compte désormais près de 4 millions de diabétiques diagnostiqués et traités, mais les autorités sanitaires soupçonnent que plusieurs centaines de milliers de diabétiques ignorent encore qu'ils sont atteints (1 patient sur 5).

Le dépistage du diabète de type 2 repose sur la mesure de la glycémie à jeun :

  • le risque est avéré entre 1,10 et 1,26 g/l ;
  • le diabète est certain au-dessus de 1,26 g/l, à deux reprises.

La Haute Autorité de Santé dans ses recommandations de bonnes pratiques a défini les sujets qui doivent bénéficier en priorité d'un dépistage du diabète de type 2. Au vu des causes du diabète de type 2, il s'agit de personnes de plus de 45 ans et présentant un ou plusieurs des facteurs de risque suivants :

  • un surpoids (IMC supérieur ou égal à 28 kg/m²) ou une obésité ;
  • une sédentarité (absence d'activité physique régulière, soit moins de 30 minutes trois fois par semaine) ;
  • un antécédent personnel de diabète gestationnel ou d’accouchement d’un ou plusieurs enfants dont le poids de naissance était supérieur à 4 kg ;
  • un antécédent familial de diabète de type 2 chez un parent du premier degré (père, mère, frère ou sœur) ;
  • un traitement en cours ou des antécédents de traitement pour un diabète induit (antipsychotiques atypiques, corticoïdes, etc.) ;
  • une hypertension artérielle (traitée ou non) ;
  • un déficit en HDL-cholestérol (moins de 0,35 g/l), souvent lié à un excès de LDL-cholestérol (dyslipidémie).

En pratique, le dépistage du diabète de type 2 est intégré :

  • dans tous les bilans de santé : médecine du travail, dossier d'assurance, bilan quinquennal de l'Assurance maladie, hospitalisation, suivi de maladies chroniques ;
  • dans les bilans de surveillance pratiqués par le médecin traitant ;
  • en cas d'apparition des symptômes du diabète de type 2.

Les malades qui s'ignorent encore sont ceux qui échappent à ces bilans par négligence, démédicalisation ou désocialisation. Le risque est d'autant plus grand que le diabète de type 2 ne provoque généralement que peu ou pas de symptômes. 

Diagnostic du diabète de type 2

Le diabète de type 2 (ou diabète de l'adulte), plus fréquent que le diabète de type 1, comporte plusieurs phases. Un diagnostic précoce, en phase de prédiabète, permet d'éviter les complications. Le diagnostic dépend du stade de diabète auquel il est posé.

Prédiabète

La phase de prédiabète ou intolérance au glucose ne se traduit par aucun symptôme. Le diagnostic est posé quand deux prises de sang espacées montrent une glycémie comprise entre 1,10 et 1,25 g/l après 12 heures de jeûne.

En cas de doute ou de facteurs de risque évidents (dont le surpoids chez un adulte de plus de 45 ans, cause connue de diabète de type 2), un médecin réalise parfois une HyperGlycémie Provoquée par voie Orale (HGPO) : la glycémie est mesurée 2 h après l'ingestion d'une quantité importante de glucose. Un résultat supérieur à 1,40 g/l montre une intolérance au glucose.

Diabète avéré

La phase de diabète avéré est affirmée par deux glycémies supérieures à 1,26 g/l à jeun et/ou une glycémie supérieure à 2 g/l après un repas. Un bilan complet des organes cibles du diabète (cœur et vaisseaux, yeux, reins) est rapidement réalisé.

Diabète avancé

Dans de rares cas, chez des personnes démédicalisées ou désocialisées, on ne découvre un diabète de type 2 qu'à un stade avancé avec la présence de symptômes et, parfois, de complications graves, pouvant aller jusqu'au malaise hypoglycémique ou au coma diabétique. Le diagnostic repose sur les mêmes valeurs de glycémie que le diabète avéré.

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Le dépistage du diabète gestationnel, ciblé sur les femmes à risque

Le dépistage du diabète gestationnel repose sur plusieurs examens réalisés au cours de la grossesse :

  • une glycémie à jeun à la fin du premier trimestre de la grossesse : examen systématique, car il fait partie du bilan obligatoire du premier trimestre de la grossesse ;
  • si la première glycémie s'avère anormale, d'autres contrôles de la glycémie sont effectués au cours de la grossesse ;
  • une HGPO (HyperGlycémie Provoquée par voie Orale) au cours du second trimestre de la grossesse : cet examen est systématiquement proposé aux femmes enceintes risquant de développer un diabète gestationnel. Il peut être proposé à toutes les femmes enceintes, mais il n'est pas obligatoire. 

Si l'un de ces examens détecte un diabète gestationnel, le diagnostic est confirmé par la mesure de la glycémie

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